Orion 2026 - Hélicoptères et drones dans l’aérocombat

Reportage au cœur de la phase 4 d’Orion 2026, avec la 4e brigade d’aérocombat, entre NH90 Caïman, Tigre, drones embarqués et nouvelles formes de coopération dans le combat aéroterrestre.

Hélicoptère Tigre en vol tactique photographié depuis un NH90 Caïman lors de la phase finale d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
Depuis un NH90 Caïman, vue sur un hélicoptère Tigre en vol tactique lors de la phase finale d’Orion 2026

Ce reportage Helicopassion propose une immersion rare dans l’emploi combiné des hélicoptères NH90 Caïman et Tigre avec des drones, au cœur des évolutions récentes de l’aérocombat. Ces nouvelles tactiques, testées lors d’Orion 2026, illustrent la transformation rapide du combat aéroterrestre.

Orion 2026, l’aérocombat à l’heure des drones

Dans l’est de la France, la phase finale de l’exercice Orion 2026 marque une étape importante dans l’évolution de l’aérocombat. Au-delà du volume des forces engagées, c’est une transformation concrète des modes d’action qui se dessine : celle d’un combat aéroterrestre où les hélicoptères n’agissent plus seuls, mais au sein d’un système associant renseignement, drones, désignation de cible et frappe à distance.

Ce reportage a été réalisé en immersion à bord d’un hélicoptère NH90 Caïman, au cœur même de la manœuvre. Depuis la cabine, les séquences en vol offrent un point de vue rarement accessible, permettant d’observer les autres appareils en évolution — notamment les Tigre — engagés dans la manœuvre.

En photographie au sol, les vues de trois-quarts s’imposent naturellement. En vol, les contraintes de prise de vue conduisent le plus souvent à montrer les appareils de l’arrière. Ici, la position à bord du NH90 a permis de les saisir de face ou de trois-quarts avant, alliant une lecture naturelle des appareils à la dynamique du vol.

Depuis Chaumont, les hélicoptères de la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC), qui regroupe les principaux régiments d’hélicoptères de combat (RHC), évoluent dans un environnement interallié, au sein d’une manœuvre coordonnée et exigeante, conçue pour se rapprocher des conditions d’un engagement de haute intensité. NH90 Caïman, Tigre, drones de reconnaissance ou munitions téléopérées participent à une même chaîne d’action : détecter, identifier, désigner et frapper, tout en maintenant les équipages hors de portée directe de l’adversaire.

Sur la base de Chaumont, près de vingt hélicoptères français sont mobilisés, renforcés par six appareils espagnols, donnant à cette phase d’Orion une dimension clairement interalliée.

Décollage d’un NH90 Caïman à Chaumont, avec au sol d’autres hélicoptères engagés dans la phase finale d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
Décollage d’un NH90 Caïman à Chaumont, avec au sol d’autres hélicoptères engagés dans la phase finale d’Orion 2026

Membre opérationnel de soute (MOS) à la porte d’un NH90 Caïman au moment du décollage
(Photo André Bour - Helicopassion)
Membre opérationnel de soute (MOS) à la porte d’un NH90 Caïman au moment du décollage

La séquence observée en vol illustre cette nouvelle logique d’emploi combiné des drones et des hélicoptères : un premier drone renseigne et désigne la cible, le Tigre engage à distance, le NH90 embarquant des drones armés prolonge l’action, tandis que les hélicoptères alliés participent à la neutralisation finale. L’objectif est clair : multiplier les effets tout en gardant les équipages et les machines à distance de la menace.

Pilote de NH90 Caïman dans le cockpit, avant la mise en route de l’appareil
(Photo André Bour - Helicopassion)
Pilote de NH90 Caïman dans le cockpit, avant la mise en route de l’appareil

Voir sans s’exposer

L’un des enseignements majeurs de cette phase d’Orion est la place prise par le drone dans la manœuvre. Là où un hélicoptère devait auparavant s’approcher pour observer ou désigner une cible, un drone peut désormais être envoyé en avant, au plus près de la zone adverse.

NH90 Caïman embarquant des drones armés, photographié depuis un autre NH90 au cours de la mission
(Photo André Bour - Helicopassion)
NH90 Caïman embarquant des drones armés, photographié depuis un autre NH90 au cours de la mission

NH90 Caïman en évolution au-dessus de l’est de la France, dans l’environnement de la phase finale d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
NH90 Caïman en évolution au-dessus de l’est de la France, dans l’environnement de la phase finale d’Orion 2026

(Vidéo André Bour - Helicopassion)
En vol à bord d’un NH90 Caïman lors de la phase finale d’Orion 2026

Pour les équipages, l’intérêt est immédiat : rester à distance, limiter la détection de l’hélicoptère et réduire le risque d’exposition. Le drone devient un éclaireur avancé, capable de renseigner, de guider une frappe ou, dans certains cas, de porter lui-même une charge militaire.

Cette logique est particulièrement visible avec les drones FPV, pilotés en immersion depuis l’hélicoptère. L’opérateur, casque sur les yeux, guide son appareil vers l’objectif. Dans ce type d’emploi, le drone n’est plus seulement un capteur : il devient une munition téléopérée, discrète, mobile et difficile à détecter avant les dernières secondes.

Le Tigre et la désignation déportée

Pour l’hélicoptère de combat Tigre, l’évolution est tout aussi significative. La capacité à engager une cible à plusieurs kilomètres existe déjà, notamment avec des missiles guidés. Mais cette capacité supposait jusqu’ici que la cible soit désignée par l’hélicoptère lui-même ou par des personnels au sol.

Ligne d’hélicoptères Tigre engagés dans la phase finale d’Orion 2026, configurés avec réservoir supplémentaire, roquettes et un missile Hellfire
(Photo André Bour - Helicopassion)
Ligne d’hélicoptères Tigre engagés dans la phase finale d’Orion 2026, configurés avec réservoir supplémentaire, roquettes et un missile Hellfire

Sur cette séquence, les Tigre observés emportent notamment un réservoir supplémentaire, des roquettes et un missile Hellfire, une configuration adaptée à la mission et à ses contraintes de masse.

Missile Hellfire et panier de roquettes sur un hélicoptère Tigre : le missile permet l’engagement à distance sur désignation, tandis que les roquettes complètent l’action à plus courte portée
(Photo André Bour - Helicopassion)
Missile Hellfire et panier de roquettes sur un hélicoptère Tigre : le missile permet l’engagement à distance sur désignation, tandis que les roquettes complètent l’action à plus courte portée

Avec l’emploi d’un drone pour assurer cette désignation, la logique change. Ni l’équipage du Tigre, ni des soldats déployés au contact ne sont directement exposés pour éclairer l’objectif. Le drone prolonge ainsi les capacités de l’hélicoptère tout en augmentant sa survivabilité.

Hélicoptère Tigre en vol tactique, photographié depuis un NH90 Caïman au-dessus de la zone d’exercice
(Photo André Bour - Helicopassion)
Hélicoptère Tigre en vol tactique, photographié depuis un NH90 Caïman au-dessus de la zone d’exercice

Photographié depuis la porte du NH90, le Tigre apparaît de trois-quarts avant, un angle rarement obtenu en vol
(Photo André Bour - Helicopassion)
Photographié depuis la porte du NH90, le Tigre apparaît de trois-quarts avant, un angle rarement obtenu en vol

Dans cette combinaison d'emploi, le Tigre reste un vecteur de frappe majeur, mais il peut agir depuis une position plus sûre, intégré à une chaîne de renseignement et de ciblage plus large.

Depuis le NH90, prolonger l’action

Autre évolution observée lors de cette phase : le déploiement de drones depuis un hélicoptère en vol. Le NH90 Caïman, déjà conçu pour transporter, appuyer et insérer des combattants, devient aussi une plateforme capable de projeter des moyens téléopérés.

Le NH90 photographié en vol lors de cette mission illustre cette fonction nouvelle : il n’est pas seulement un appareil de transport ou d’assaut, mais aussi une plateforme capable d’emporter et de mettre en œuvre des drones armés.

L’intérêt est double. Le drone bénéficie du déplacement de l’hélicoptère pour être lancé plus près de la zone d’action, tandis que le NH90 conserve une distance de sécurité. La portée utile du drone est ainsi allongée, et l’équipage dispose d’un moyen supplémentaire pour observer ou frapper sans s’exposer directement.

Cette association entre hélicoptère et drone ne remplace pas l’aérocombat classique : elle l’élargit. Elle ajoute de nouveaux capteurs, de nouveaux effets, et impose aussi de nouvelles compétences à bord, avec l’intégration progressive de télépilotes embarqués aux côtés des équipages traditionnels.

Des équipages au cœur de la transformation

Derrière les machines et les systèmes, Orion reste d’abord un exercice mené par des équipages. Pilotes de NH90, pilotes de Tigre, mécaniciens, opérateurs drones et militaires embarqués expérimentent concrètement ces nouveaux modes d’action.

Pilote de NH90 Caïman avec son casque TopOwl, au terme d’une mission conduite dans le cadre d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
Pilote de NH90 Caïman avec son casque TopOwl, au terme d’une mission conduite dans le cadre d’Orion 2026

Sur le terrain, cette transformation se lit autant dans les cockpits que sur le tarmac. Les équipages doivent conserver les savoir-faire fondamentaux du vol tactique, tout en intégrant de nouveaux outils, de nouveaux automatismes et une coordination toujours plus fine avec les autres acteurs de la manœuvre.

Cette journée a également permis une rencontre particulière avec le capitaine Malaury, pilote Tigre, auteur d’un ouvrage consacré au métier de pilote d’hélicoptère de combat et illustré par plusieurs photographies Helicopassion. Après des années d'échanges à distance, c’est un plaisir partagé de se retrouver enfin sur le terrain, en pleine action.

Le capitaine Malaury, pilote Tigre, devant son appareil lors de l’exercice Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
Le capitaine Malaury, pilote Tigre, devant son appareil lors de l’exercice Orion 2026

Un exercice pour préparer la suite

Avec Orion 2026, l’armée de Terre réunit un environnement rare : une force adverse réellement jouée, des troupes alliées, des transmissions, de la logistique, du renseignement, des hélicoptères et des drones engagés dans une même manœuvre. Ce type de cadre permet de tester non seulement des matériels, mais aussi des organisations et des procédures.

La dronisation du champ de bataille s’inscrit dans une évolution rapide des modes d’action, accélérée par les conflits récents. Pour l’aérocombat, elle apporte de nouvelles possibilités : mieux voir, frapper plus loin, réduire l’exposition des équipages et conserver l’initiative dans un environnement contesté.

À travers cette séquence réalisée au plus près des équipages, une évidence s’impose : l’hélicoptère reste un acteur central du combat aéroterrestre. Mais il agit désormais dans un système plus vaste, où le drone devient un prolongement naturel de ses capacités.

L’aérocombat d’aujourd’hui ne se résume plus à l’hélicoptère seul. Il se construit autour d’un ensemble coordonné, mobile et réactif, où chaque vecteur apporte ses atouts : précision du ciblage, puissance de frappe, allonge et réduction de l’exposition des hommes et des matériels.

Retour d’un NH90 Caïman à l’issue de la séquence de vol conduite depuis Chaumont
(Photo André Bour - Helicopassion)
Retour d’un NH90 Caïman à l’issue de la séquence de vol conduite depuis Chaumont

Images : André Bour - Rédaction : André Bour
Publié le 27 avril 2026


A lire aussi

Dépose d'une section de combat  au sommet d'un immeuble par un hélicoptère NH90 Caïman de l'Armée de Terre française
Exercice Orion 2023

Avec les hélicoptères des Armées de Terre française et espagnole sur l'exercice Orion 2023
Hélicoptère NH90 Caïman de l'Armée de Terre française (ALAT)
Exercice Baccarat 2024

Au cœur de l’exercice Baccarat 2024, avec les hélicoptères de l’Armée de Terre française
Hélicoptère NH90 Caïman ALAT
Exercice Baccarat 2021

Reportage photographique au cœur de l’exercice d’aéromobilité Baccarat 2021 de l’Armée de Terre française
Hélicoptère AS532 Cougar ALAT
Exercice Baccarat 2020

Reportage photo à l'exercice Baccarat 2020 d'aéromobilité de l'armée de terre française
Une vingtaine de combattants arrivent en renfort à bord d'un hélicoptère NH90 à proximité du village de Pressat pour contrer les agissements des forces hostiles
Exercice Vulcain 2025

Les hélicoptères de l'Armée de Terre en appui des militaires de réserve pour l'exercice Vulcain 2025, premier exercice militaire d'envergure des militaires de réserve en France
Insertion de commandos sous une pluie battante par un hélicoptère NH90 Caïman de l'Armée de Terre, le door gunner assure la protection de l'appareil en cas de tirs ennemis
Les hélicoptères de l'Armée de Terre française

Quels sont les hélicoptères de l'Armée de Terre française ? On vous dit tout sur l'ALAT, la 4e BAC, les RHC, les appareils utilisés actuellement, mais aussi ceux retirés du service et ceux à venir

Réagir à cet article

Une remarque, un complément ou un témoignage ? Envoyez-nous un message.

Vous souhaitez proposer des photos ou un reportage ? Contribuer à Helicopassion.