
Orion 2026 - Du porte-hélicoptères amphibie à la prise d'aéroport
Vingt-cinq ans après Catamaran 2001, Orion 2026 montre l’évolution de la manoeuvre amphibie héliportée, avec les NH90 de l’ALAT et les PHA Mistral et Tonnerre
Reportage au cœur de la phase 4 d’Orion 2026, avec la 4e brigade d’aérocombat, entre NH90 Caïman, Tigre et premières expérimentations d’intégration des drones dans les missions d’aérocombat.
Ce reportage Helicopassion propose une immersion dans l’emploi combiné des hélicoptères NH90 Caïman et Tigre avec des drones. Observées lors d’Orion 2026, ces expérimentations illustrent la manière dont l’Aviation Légère de l'Armée de Terre intégre progressivement les drones aux missions d’aérocombat, aux côtés des hélicoptères.
Les photos ont été prises le 23 avril 2026, sur la base aérienne de Chaumont-Semoutiers et au cours d'un vol à bord d'un hélicoptère NH90 Caïman.
Dans l’est de la France, la phase finale de l’exercice Orion 2026 marque une étape importante dans l’évolution de l’aérocombat.
Sur la base de Chaumont, près de vingt hélicoptères français sont mobilisés, renforcés par six appareils espagnols, donnant à cette phase d’Orion une dimension clairement interalliée.
Au-delà du volume des forces engagées, c’est une transformation concrète des modes d’action qui se dessine : celle d’un combat aéroterrestre où les hélicoptères s'appuient progressivement sur les capacités de renseignement et d'action apportées par les drones, dans le cadre des expérimentations actuellement menées par l'ALAT.
(Photo André Bour - Helicopassion)
Depuis un NH90 Caïman au décollage, vue sur un second appareil quittant simultanément la base de Chaumont, avec au sol d’autres hélicoptères alignés le long de la piste
(Photo André Bour - Helicopassion)
Membre opérationnel de soute (MOS) à la porte d’un NH90 Caïman au moment du décollage
La séquence observée en vol illustre les expérimentations actuellement menées autour de l’emploi combiné des drones et des hélicoptères :
La première évolution observée lors de cette phase concerne l'emploi du drone comme moyen de reconnaissance et de désignation avancée. Envoyé en avant, au plus près de la zone adverse, il peut observer, reconnaître ou désigner un objectif sans exposer directement un équipage.
Pour le Tigre, la capacité à engager une cible à plusieurs kilomètres existe déjà grâce aux missiles guidés, mais elle supposait jusqu’ici que la cible soit désignée par l’équipage lui-même ou par des personnels au sol. Le drone apporte désormais cette capacité de reconnaissance et de désignation avancée, permettant à l’hélicoptère d’exploiter pleinement son armement à distance.
(Photo André Bour - Helicopassion)
Hélicoptère Tigre BIG en vol tactique, photographié depuis un NH90 Caïman au-dessus de la zone d’exercice
(Photo André Bour - Helicopassion)
Photographié depuis la porte du NH90, le Tigre BKE apparaît de trois-quarts avant, un angle pas si évident à obtenir en air to air
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
Sur cette séquence, les Tigre observés emportent un réservoir supplémentaire, des roquettes et un missile Hellfire, une configuration adaptée à la mission et à ses contraintes de masse.
(Photo André Bour - Helicopassion)
Missile Hellfire et panier de roquettes sur un hélicoptère Tigre : le missile permet l’engagement à distance sur désignation, tandis que les roquettes complètent l’action à plus courte portée
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
Ligne d’hélicoptères Tigre engagés dans la phase finale d’Orion 2026, configurés avec réservoir supplémentaire, roquettes et un missile Hellfire
La seconde évolution observée lors de cette phase concerne le déploiement de drones depuis un hélicoptère en vol. Déjà utilisé pour l'insertion de combattants, le NH90 peut servir de plateforme de déploiement pour des drones. Cette mise en œuvre avancée permet d'accroître l'autonomie des drones sur zone et d'adapter plus rapidement leur emploi à l'évolution de la situation.
(Photo André Bour - Helicopassion)
NH90 Caïman EAZ embarquant des drones armés, photographié depuis un autre NH90 au cours de la mission
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Photo André Bour - Helicopassion)
NH90 Caïman en évolution au-dessus de l’est de la France, dans l’environnement de la phase finale d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
(Vidéo André Bour - Helicopassion) En vol à bord d’un NH90 Caïman lors de la phase finale d’Orion 2026
Cette évolution apporte de nouvelles capacités aux forces engagées et conduit progressivement à l'intégration de spécialistes chargés de la mise en œuvre de ces systèmes au sein des unités.
Derrière les hélicoptères, les drones et les nouvelles technologies, Orion reste avant tout une affaire d’équipages et de savoir-faire humains. Pilotes de NH90, pilotes de Tigre, mécaniciens, membres opérationnels de soute et opérateurs drones participent directement à cette évolution des modes d’action.
Sur le terrain, cette transformation se lit autant dans les cockpits que sur le tarmac. Les équipages doivent conserver les savoir-faire fondamentaux du vol tactique tout en intégrant de nouveaux outils, de nouveaux automatismes et de nouveaux acteurs au sein de la manœuvre.
(Photo André Bour - Helicopassion)
Pilotes de NH90 Caïman avec leurs casques TopOwl, au terme d’une mission conduite dans le cadre d’Orion 2026
(Photo André Bour - Helicopassion)
Le capitaine Malaury, pilote Tigre, devant son appareil lors de l’exercice Orion 2026
Cette journée a également permis une rencontre particulière avec le capitaine Malaury, pilote Tigre, auteur d’un ouvrage consacré au métier de pilote d’hélicoptère de combat et illustré par plusieurs photographies d'Helicopassion.
Après des années d'échanges à distance, c’est un plaisir partagé de se retrouver enfin sur le terrain, en pleine action.
Avec Orion 2026, l’armée de Terre réunit un environnement rare : une force adverse réellement jouée, des troupes alliées, des transmissions, de la logistique, du renseignement, des hélicoptères et des drones engagés dans une même manœuvre. Ce cadre permet non seulement d'entraîner les unités dans des conditions proches d'un engagement réel, mais aussi d'expérimenter l'intégration de nouvelles capacités, notamment dans le domaine des drones et de leur emploi aux côtés des hélicoptères.
La dronisation du champ de bataille s’inscrit dans une évolution rapide des modes d’action, accélérée par les conflits récents. Observées lors d’Orion 2026, ces expérimentations illustrent l’intégration progressive des drones dans l’aérocombat et les nouvelles possibilités offertes par leur emploi aux côtés des hélicoptères.
(Photo André Bour - Helicopassion)
Retour du NH90 Caïman EBN à l’issue de la séquence de vol conduite depuis Chaumont
(Photo André Bour - Helicopassion)
Quelques semaines après Orion 2026, des hélicoptères Tigre de l'ALAT ont été déployés au Moyen-Orient pour participer à la défense aérienne de pays alliés confrontés à des attaques de drones Shahed iraniens. Plusieurs drones ont été interceptés avec succès à l'aide du canon de 30 mm de l'appareil. Une illustration concrète de l'évolution de l'aérocombat, où les hélicoptères intègrent désormais les drones à leurs missions tout en conservant la capacité de neutraliser ceux de l'adversaire.
Images : André Bour - Rédaction : André Bour • Crédits & contributeurs
Publié le 27 avril 2026, mis à jour le 9 juin 2026












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