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GUERRE DU GOLFE (1) - OPERATION DAGUET
"Vers mi-décembre 1990 j'ai rejoint l'Arabie Saoudite en 747 d'Air France pour relever les équipages partis depuis le mois d'août. J'étais alors au 5em RHC basé à Pau, je venais de terminer ma formation sur Puma en juin de la même année. C'était le 3em RHC qui prenait le relai du 5em RHC, en fait le commandement était du 3, mais toutes les escadrilles étaient constituées par un amalgame de tous les régiments ALAT. Le Colonel commandant était le Colonel de LA ROQUE LATOUR. Nous avons posé, après une escale au Caire (pour changement d'équipage. Il fallait un "équipage spécial" pour poser en Arabie Saoudite), nous sommes arrivés à KKMC (King Khalled Military City). Ville étrange créée artificiellement au milieu du désert par le roi saoudien, elle m'a fait penser a une cité futuriste comme on peut en voir dans certaines bandes dessinées du style Flash Gordon. Le bâtiment dans lequel nous étions logé avait un immense cour centrale couverte, il ressemblait à une célèbre prison américaine. Nous étions plusieurs par chambre, mais c'était relativement confortable, bien plus que nos camarades des autres armes qui se trouvaient dans le désert.
Au début nous avons effectué des vols d'adaptation et des posés dans le désert, ainsi que des missions de soutien aux unités stationnées dans le désert (alerte evasan, ravitaillement, transport de personnel...). Par exemple, j'ai transporté Eddy MITCHELL qui voulait faire un concert pour les troupes françaises, mais qui a été interdit par les saoudiens.
A KKMC il y avait aussi des tchèques spécialistes chimiques qui étaient chargés de l'alerte et de la décontamination pour les saoudiens en cas de bombardement avec des produits chimiques par les irakiens. Ils mangeaient avec nous. Il faut dire que nous vivions au rythme des alertes SCUD. Dès qu'un missile SCUD au départ de l'Irak était repéré par les satellites, l'alerte était déclenchée et nous avions un temps très court pour nous équiper des tenues NBC et nous mettre à l'abri. Cela va durer un mois, durant lequel nous nous entraînons en vu d'une offensive éventuelle.
Le 14 février nous quittons KKMC pour rejoindre l'ensemble des troupes françaises dans le désert en un point qui s'appelle Miramar. Pour moi ma première mission de guerre s'effectue le 16 février 1991 par la récupération d'un drone saoudien.
Nous avions des alertes SCUD aussi bien le jour que la nuit. Nous savions bien repérer ces missiles mais nous ne pouvions connaître leurs destination. Quant aux missiles anti-missiles Patriot américains nous ne leur faisions pas trop confiance, une faible partie des Scud était interceptée. Dans la nuit du 16 ou du 17 février nous avons étés mis en alerte pour un lancement de Scud ; donc on s'équipe des tenues NBC. Peu après nous avons vu toutes les troupes terrestres partir. Les véhicules partaient dans tous les sens, on observait par les hublots du Puma, c'était ahurissant toutes ces lumières la nuit. Le lendemain il ne restait que les hélicos, même nos convois routiers (qui transportent tout ce qui nous est nécessaire pour vivre mais aussi pour l'entretien des hélicos) étaient partis. Dans la journée nous avons reçu l'ordre de nous déplacer en direction de la frontière Irakienne. Là, nous assistons à un spectacle impressionnant, des dizaines et des dizaines de convois qui se dirigent vers l'Irak. Nous passons une première nuit dans le désert à mi-chemin entre KKMC et RAFHA, ville près de la frontière irakienne. Dans la soirée, il faisait déjà nuit, un chasseur nous passe dessus a très basse altitude. Nous sautons aussitôt sur nos masques a gaz et nos tenues NBC pensant à un avion irakien effectuant un épandage de produits chimiques. Quelques jours plus tard nous apprendrons que c'était un Phantom qui avait était touché au dessus de l'Irak et qui tentait de rentrer sur KKMC. Il n'a pu arriver au bout, il se serait craché à 1 ou 2 km en bout de piste. Le lendemain, nous étions près de RAFHA où nous allions rester environ un mois. Nous y effectuons des missions de soutien auprès des régiments de la division Daguet. Le seul fait notable, c'est une reconnaissance sur la frontière irakienne au cours de laquelle je passe en IRAK et j'en foule le sol. Pendant tout ce temps nous vivons dans nos Puma, le soir nous obturons les hublots avec des cartons pour qu'aucune lumière ne filtre de l'hélico. Cela donne quelques scènes assez comiques : certains qui ont quitté leur appareils la nuit n'arrivent pas à le retrouver et tournent plusieurs heures à la recherche de leur Puma."
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Pages : Guerre d'Algérie
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