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VOLS OFFSHORE AVEC IAS - VOL OFFSHORE SOUS CBJean-Luc Brissaud, pilote à International Aircraft Service (IAS), nous raconte un vol offshore, dans des conditions météorologiques difficiles, effectué par les équipages de IAS. Equipage : Marc Chevenement, Jean-Luc Brissaud La prévision MTO était bonne, rien de spécial : quelques nuages, du BKN (Broken) à 1500 ft, vent faible du SE, une visibilité supérieur à 10 km, une température de 26°C et une situation stable. La prévision sur la plateforme est à peu près identique. Nous préparons le vol, vérification du plein, 440 kg de kérosène nécessaire pour effectuer l’aller-retour, 5’ d’attente, un déroutement et une réserve de 30’. Ensuite nous partons à l’accueil où les passagers et leurs bagages ont été pesés. Avec la température au départ de Takoradi et la prévision sur la plateforme nous vérifions que les poids restent dans les normes pour que les possibilités de l’appareil soient conformes à la classe de performance 2 en cas de panne d’un moteur. Après que les passagers aient visionnés la « safety video » nous les accompagnons à l’hélicoptère où des aides mécaniciens les équipent des gilets de sauvetage. Puis c’est la mise en route, les check liste de vérification, le rappel des performances, le briefing départ, le déplacement sur la piste et le décollage. Une fois décollé, nous donnons à la tour les heures estimées d’arrivée sur la plateforme et du passage en offshore. La montée à 2500 ft se fait sans problème et nous volons de temps en temps dans les stratocumulus. Après contact avec la plateforme « Blackford Dolphin » nous quittons la fréquence avec DGTK, l’aéroport de Takoradi.
10 minutes avant l’arrivée, la plateforme nous donne la dernière météo, qui est similaire à celle prévue avant le départ, et le « Green deck ». Nous préparons l’arrivée et la descente : briefing, check liste et vérification des performances. C’est enfin la mise en descente 10 Nm avant et bientôt nous apercevons notre destination. La finale est sans problème, sur le deck l’échange des passagers se fait rotor tournant et rapidement c’est le décollage après les check liste, briefing et le rappel des performances. Le retour s’effectue à 1500 ft conformément a la procédure prévue par la compagnie, nous sommes hors nuage, en VMC. Mission de routine en quelque sorte. Sauf que… A environ 25 minutes de l’arrivée, la TWR de DGTK nous contacte pour nous signaler l’arrivée d’un cumulonimbus (CB) dans le Sud Est du terrain. Aussitôt nous recherchons avec le radar le CB en question. Très rapidement nous le trouvons, il était en dehors du cône de détection (angle de 120° centré sur l’axe de l’hélico), et il se rapproche rapidement de Takoradi. Après un rapide calcul nous estimons pouvoir arriver sur le terrain juste avant le CB. Par contre nous n’aurons pas le temps de faire la percée radio compas qui demande une verticale, une entrée parallèle dans l’attente, un éloignement, une ouverture à 45° et enfin le retour et la descente soit environ 10 minutes. Le CB sera sur nous avant d’avoir terminée la percée. Après concertation nous décidons de nous reporter directement sur le point de mise en descente en calculant une distance correspondant au temps d’éloignement et de contrôler cette distance avec le GPS. Après nous ferons la percée normale avec le radio compas pour la tenue de l’axe. Rapidement nous calculons les éléments de la percée, nous créons une route sur le GPS et mettons le cap vers un point 2 Nm avant la mise en descente pour l’alignement. En même temps nous rejoignons l’altitude de percée soit 2000 ft. Briefing de percée : mise en descente à 4 Nm, 1500 ft à perdre, 4 minutes de percée, minima 500 ft et 1600 m de visi, vitesse de percée 100 kts, taux de descente 500 ft/mn, axe de percée 037°. Le pilote aux commandes tient les éléments 100 kts, le taux 500 ft/mn, le cap. Le pilote non aux commandes (PNF) contrôle les éléments, donne les rectifications à apporter et donne les caps à prendre pour garder le radial 037°. Nous opérons les check listes avant approche finale et avant atterrissage. Nous sommes maintenant en couche, de temps en temps nous émergeons des nuages et nous voyons la masse noire du CB qui approche. Nous pouvons contrôler sa trajectoire grâce au radar. Nous arrivons sur l’axe de percée et un vent fort arrière droite nous fait décider une mise en descente plus tôt. Nous somme au-dessus de la mer, et le pilote aux commande (PF) à fort à faire pour tenir les paramètres, ça turbule un peu. Le PNF jette un coup d’œil derrière aux passagers qui sont un peu crispés. Un sourire et un signe, avec le pouce en l’air, les rassurent un peu. La pilote à gauche égrène ses directives : « prend cap 050° par la droite, à 2 Nm de la mise en descente ». « Attention à la mise en descente, top mise en descente, top chrono », « prend cap 045° on revient sur le cap de percée, attention au taux, un peu fort », « OK le taux est revenu, prend cap 040°, on est pile sur le radial », « augmente le taux et garde le cap, on passe 1500 ft en descente ». Cela turbule et il faut se battre pour tenir les paramètres de vol, le pilote à droite, aux commandes, a les yeux rivés sur les instruments tandis que celui à gauche, non aux commandes, a du recul pour contrôler les éléments de vol et jeter un oeil dehors. Finalement nous sortons de couche juste aux minima de 500 ft, maintenant le vent est passé de face et il ne pleut pas encore. Le PNF aperçois le terrain à gauche, annonce « terrain en vue, je prends les commandes », il oblique vers le terrain, ce dernier est trop proche pour une approche directe. « Tu vois le terrain ? Ok, tu peux reprendre les commandes ?», le pilote à droite prend à nouveau la main. Une verticale terrain est décidée avec à mi-bande, une réduction de vitesse et un virage gauche pour se retrouver vent arrière 04 puis une finale 04. Le retour au parking et la coupure des moteurs sont effectués rapidement. Les passagers sont très contents et sont emmenés à l’aérogare. Moins de 2 minutes plus tard, arrive une violente averse avec de fortes bourrasques de vent qui annonce le passage du CB et qui va durer 3 ou 4 heures.
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Accueil HELICO PASSION / André BOUR 1998-2012 Remerciements à Jean-Luc Brissaud, pilote à IAS et auteur de cet article Dernière mise à jour de cette page le 1er février 2009 |